Bienvenue  à Léon  Dimanche
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Léon commençait à chanter très jeune. A 6 ans, il faisait déjà partie de la chorale de son école : Les Frères Oblats Du Sacré Cœur. Malgré son âge, la musique était son lot.  Mais il ne s’y est adonné qu’à 13 ans, après que Raphaël, son frère ainé, l’eût entendu chanter, bien entendu comme une activité secondaire par rapport à ses études, en ce temps, prioritaires.

A 15 ans, devenu membre du groupe : Les Black Boys Des Cayes, il s’est produit avec lui, seulement pendant les vacances d’été, empêché par sa famille durant l’année scolaire. L’année suivante, toujours durant l’été, c’était de l’euphorie ; on l’a suivi sans cesse, dans Organ Combo, un groupe fraichement formé sous la direction de Pierrot Léger. Son soleil pointait déjà à l’horizon dans une apothéose de lumière. Malheureusement, ce groupe a été dissout deux ans plus tard, à a fin de ses études secondaires.

Mécontent à la pensée que L’Organ Combo, ne jouait que pour l’élite de la société cayenne, un puissant chef de la milice, tenta, mais en vain, de le détourner de la  jeunesse, pour l’orienter vers le populo sous un faux prétexte d’éliminer les distinctions sociales. C’est ainsi, qu’à l’appui de son autorité, il le força à évoluer dans une boite de nuit où l’on ne côtoyait que des gens à moralité douteuse. Malgré la frustration des membres, le groupe céda à la force injonctive : attitude révoltante qui froissait la pudeur de ces musiciens, en majorité, mineurs. Cependant cela ne s’est produit qu’une fois. Au lendemain de la soirée, pour ne pas être pris dans un traquenard politique, Pierrot Léger décida de dissoudre ce groupe, transformé dès lors en Lionceaux des Cayes, exclusivement formé de jeunes, avec Léon Dimanche comme directeur dont l’âge, selon la loi, les empêcherait de fréquenter les boites de nuit. La ruse a réussi.

En un clin d’œil, le groupe : Les Lionceaux des Cayes, en vogue et en demande partout dans le sud, devint le favori de la ville.

Un soir de 1971, de passage aux Cayes, piqué de curiosité concernant la réputation de l’artiste qui s’affirmait chaque jour d’avantage, Marcel Mathieu défunt, directeur de la R. D. H "Radio diffusion haïtienne", l’une des meilleures de la capitale, décida de venir voir en personne Léon Dimanche dont on a fait, dit-il, un phénomène de la chanson.

Emu de sympathie pour cette voix si douce et si puissante, il obtint, de Léon, la permission d’enregistrer sur bande magnétique, certaines compositions telles que : Va-t’en, Nostalgie, Pourquoi la rose, etc, qu’il diffusa sur les ondes de sa station, à son retour à Port-au-Prince. En moins d’un mois, à la capitale, on entendait ces chansons sur toutes les lèvres contaminées par la tendresse et le lyrisme qui s’en dégagent.
Ce qui lui a valu, au début de 1972, un contrat signé de madame Odette Winn, propriétaire de Bacoulou night club à Pétionville, l’invitant à animer les soirées de samedi, assisté de son groupe : Les Lionceaux. Après sa première séance dans une ambiance magique, pleine de charme et de gaité, on le conduisit avec son jazz, à versailles où Marcel Mathieu, le dimanche matin, les présenta à la jeunesse de Port-au-Prince, au cours d’un spectacle radiodiffusé. C’était un événement incroyable dont on garde toujours le précieux souvenir. En peu de temps, pour répondre aux demandes incessantes du public, toutes les stations de la capitale diffusaient les chansons de Léon ; et les offres de contrat affluaient des quatre coins du pays. C’est pourquoi, Léon Dimanche n’a jamais omis d’admettre que Marcel Mathieu est le vrai artisan de sa  carrière musicale. Il en dit de même de Pierrot Léger.

Après la sortie de ses deux premiers albums, en 1973, à deux mois d’intervalle, Léon Dimanche est nommé le  meilleur chanteur, compositeur et vocaliste, avec don d’une médaille de mérite présentée à lui, personnellement par Edouard Domond, directeur de l’une des meilleures institutions sociales de la capitale. Cela se produisit au cours d’un concert au Rex Théâtre où Léon et les Lionceaux jouaient à guichet fermé, chaque samedi pendant toute l’année.

On le voyait sur la scène de tous les fameux night club de Port-au-Prince, notamment, au Rond point restaurant, où on le retrouvait tous les samedis, après ses séances au Rex, à Cabane Créole, tous les dimanches, où un public impatient l’attendait avec fièvre et chaleur. Sa carrière d’artiste, remplie d’inoubliables moments, avec l’admiration qu’elle a toujours suscitée, contient les émotions d’un passionnant roman. En l’occurrence, il y a un fait survenu au Ciné Lido, qui mérite une attention particulière. Dimanche, à 9 heures 30 du matin, Léon s’y présenta pour son festival de 10 heures. Surpris de voir une fourmilière humaine s’efforcer d’accéder au théâtre, il restait longtemps perplexe, ne sachant que faire pour rejoindre les musiciens de son groupe. A l’observer au guichet, la salle était archicomble et les allées remplies de part et d’autre. Léon était encore là, cloué, sans  moyen de se frayer un chemin dans ce flot d’auditeurs pour aller sur l’estrade. Près de deux cents fanatiques prenaient place aux deux cotés des instruments installés. Bref, les fanatiques, l’ayant reconnu à l’entrée, trouvaient la solution du problème par l’absurde. Ils décidaient de le faire passer de mains en mains au-dessus de leurs épaules jusqu’à la scène. Ce fait traduit sans ambages le degré d’admiration du public vis à vis de l’artiste.

Léon a beaucoup voyagé et n’a jamais cessé de produire pour les communautés haïtiennes en diaspora. Il a donné des spectacles sur plusieurs théâtres, tels que : BAM - Brooklyn Academy of Music -, Place Des Arts à Montréal, John Hancock Théâtre in Boston,Mass, Carnegie Hall in Ny, à n’en citer que ceux-là.

Il lui est impossible de déterminer le nombre de trophées qui lui ont été décernés au fil des ans. Il travaille actuellement au développement de jeunes talents haïtiens pour la continuité de notre musique. Ses spectacles donnés un peu partout ont toujours fourni à ses supporteurs en diaspora, l’impression, sinon le sentiment de se retrouver au pays natal, en chantant ses notes nostalgiques qui leur ont fait revivre tant de doux et meilleurs souvenirs.

Voilà une courte version de la carrière de cet artiste dont le nom vibre en carillon de cloches : Léon Dimanche la grande force de la chanson haïtienne. Il y a tant d’histoire à son sujet, qui pourraient remplir plusieurs pages et dont il ne sait pratiquement rien. En avez-vous entendu parler ? Peut-être !

Il a déjà produit vingt albums, quelques uns avec les Lionceaux, d’autres en solo ; un Gospel Vol 1 CD, est un travail d’art selon certains. Alors dans son studio, son coin de prédilection, il se plait à écrire et à enregistrer des chansons pour d’autres. Si Dieu le lui permet, il continuera à vous bercer de sa voix romantique et de ses chansons d’amour.






info@leondimanche.com